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Norme EN17169 “Tatouage / MP : Bonne pratiques d’hygiène et de sécurité”

INTRODUCTION AU CHANGEMENT
Pour tatoueurs et expertes en maquillage permanent, la nouvelle n’en est presque plus une et elle commence à faire du bruit : une norme européenne sur nos pratiques va voir le jour. Certains sont au courant, d’autre pas, d’autres encore mélangent le vrai et le faux. Ce que l’on sait, c’est qu’on ne sait rien. L’information est souvent mal passée, encore obscure, il est donc temps d’en éclaircir un peu les contours.
 
UNE NORME, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Une norme est un document technique élaboré de manière consensuelle entre plusieurs pays, par le biais de groupes d’experts du secteur professionnel dont elle fait l’objet. Une norme demande en moyenne 2 à 4 ans de travail et est financée par les professionnels ou institutions qui souhaitent sa création. Les groupes de spécialistes de chaque pays, qui peuvent être composés d’institutions nationales, de sociétés privées, de praticiens ou de consultants, s’organisent en comités au sein des agences de normalisation nationales : AFNOR (Agence Française de Normalisation) pour la France, DIN pour l’Allemagne, etc.
En pratique, ces experts se réunissent périodiquement pour inclure dans la norme ce qu’ils estiment être techniquement nécessaire à l’exercice de leur métier, sous condition que cela n’entre pas en contradiction avec les éventuelles règlementations déjà en place dans leur pays (si il y en a).
 
L’agence française de normalisation
Ces travaux nationaux sont ensuite partagés avec les autres pays participants pour être débattus en réunions plénières (présence de tout les pays), durant lesquelles les représentants de chacun d’entre eux doivent jouer d’influence, d’expertises et de diplomatie pour défendre leur vision du métier et définir ce qui doit rester, être enlevé ou négocié au sein de la norme.
Il s’agit donc bien d’établir un document technique consensuel, une sorte de mode d’emploi acceptable par tout les pays participants, destiné à standardiser et harmoniser les bonnes pratiques d’un métier au sein de l’Europe.
 
Le DIN : l'agence allemande de Normalisation à Berlin
Le DIN : l’agence allemande de Normalisation à Berlin

 

Dans le cas de la norme EN17169, son projet à été déposé par l’Allemagne en 2014, suivi par la France et 10 autres pays européens. Le comité français est composé de fabricants et fournisseurs de matériel de dermo-pigmentation/tatouage, de professionnels du tatouage, d’hygienistes, de médecins et pharmaciens de Santé publique.
 
UNE NORME : A QUOI CA SERT ?
Attention, pas d’erreur : cette norme, attendue pour Mai 2019, ne remplacera pas l’actuelle règlementation française « Tatouage/MP », qui reste l’obligation légale à respecter pour exercer. Par contre, dans notre pays du moins, elle pourra servir de référentiel pour la faire évoluer. Bien que certains en doutent, et bien qu’il n’y ait pas encore d’échéance claire à ce propos, un « dépoussiérage » de notre actuelle loi est bien prévu une fois la norme en place.
Pour d’autre pays, qui n’ont pas encore de réglementation, elle pourra devenir d’application obligatoire, et donc réglementaire. Appuyer et financer la création d’une norme permet donc à un Ministère ou des professionnels d’avoir un poids dans son élaboration et dans l’usage qu’on en fera ensuite, selon les besoins du pays qui l’adopte.
 
ET LES PROFESSIONNELS DANS TOUT CA ?
Soyons concrets : une fois en place, la norme EN17169 « Bonne Pratiques d’Hygiène et de Salubrité » permettra aux boutiques de tatouage et instituts d’esthétiques qui appliquent ses directives de se faire certifier « Norme EN17169 ». Pourquoi faire ? La règlementation française garanti la sécurité du public et des praticiens en termes légaux. Mais la respecter n’est pas un outil de mise en valeur qualitative pour le professionnel, c’est une obligation.
C’est là que la certification entre en jeux : la norme étant un document destiné à valoriser les pratiques tout en respectant les règlementations, la certification est un gigantesque outil de communication car il permet au professionnel de prouver au grand public qu’il la respecte. Publicité diront certains, mais pas seulement. Une certification repose sur des techniques concrètes et documentées, alors si pub il y a, en voilà une qui marie sécurité des pratiques et preuve de qualité, non seulement en France mais aussi en Europe. Une publicité transparente, propre et vraie, à fort pouvoir valorisant.
Côté agences de santé, si la norme n’est pas texte de loi et qu’elle n’empêchera pas les contrôles, on peut néanmoins penser qu’une boutique ou un institut certifié se verra classé dans les établissements de « confiance ».
En pratique, une boutique de tatouage ou un institut de maquillage permanent pourra faire une démarche de certification auprès d’un organisme certificateur pour valoriser à grande échelle la qualité et la sécurité de ses services. La certification est un document délivré sous contrôle continu, renouvelable tout les 3 ans en moyenne, pour lequel on vérifie que les « process » de la norme sont appliqués de manière systématique et reproductible.
Au sommaire de cette norme, on retrouvera entre autres process techniques :
  • Désinfection des locaux et aménagement des salles de tatouage / dermo.
  • Stérilité et traçabilité des instruments
  • Gestion des plans de travail
  • Gestion des déchets médicaux
  • Asepsie et préparation de la peau avant l’acte…
Un sommaire complet et très détaillé de toutes le bonnes pratiques d’hygiène, spécifiquement dédié à nos techniques de piquage et pensé pour l’utilisateur, à savoir vous. Cette norme est donc une nouveauté solide pour nos pratiques, fruit d’un dur travail institutionnel de 4 années, qui donne à nos métiers une nouvelle dimension face à un public toujours plus demandeur en sécurité et des métiers en plein développement.
Prochaines infos sur la mise en place de la norme et les modalités de certification début 2019…
MAJ au 23/10/2018 : l’arrivée de la norme suscite beaucoup de questionnement, voir d’inquiétudes. D’autres articles plus techniques (contenu, dossiers pratiques, utilisation de la norme par les tatoueurs, etc.) sont en préparation.
 
Olivier Laizé – CorpsTech
Vice président du comité AFNOR CEN TC435 pour la norme EN17169
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